Noël sous le gui [Partie 9]

La gastronomie a un nom : Albin

Le repas se déroule à merveille. Les parents d’Albin ne ressemblent pas du tout à l’image que je me faisais d’eux mais ils sont adorables. Je pensais que comme Albin, c’était des gens aisés et sûrs d’eux, mais en fait ils sont très simples. Leur accent alsacien marqué, que ne possède pas Albin, leur donne un charme de papy et mamie-gâteaux.

Au fil de la conversation, je comprends qu’ils habitent un petit village au nord de Strasbourg et que leur fils a rejoint la ville à cause de son travail.

—   La dinde est délicieuse, félicite ma mère.

—   Merci Marlyse, dit Albin.

—   Il cuisine comme un chef depuis qu’il est petit, s’exclame son père avec fierté. Qu’il choisisse la gastronomie pour faire carrière n’a pas été une trop grande surprise pour sa mère et moi !

—   Tu as un restaurant ? je demande curieuse.

—   Oui, mais…

—   UN restaurant ?! le coupe sa mère. Il en a deux à Strasbourg, un à Paris et il est en train d’ouvrir sa troisième pâtisserie en ce moment.

J’ai envie de me cacher sous la table… Comment j’ai pu passer à côté de ça ?! Mon homme est un grand ponte de la cuisine française et je ne suis même pas au courant.

—   Maman… gémis Albin gêné. Ce n’est pas si incroyable que ça n’y paraît.

—   Bien sûr que si ! je contredis. Est-ce que je connais l’un de tes établissements ?

Il faut que je me rattrape, ça craint de ne pas connaître le job de son copain.

Albin se ragaillardit légèrement et il me prend la main sous la table.

—   Je t’ai emmené dans mon restaurant à notre premier rendez-vous.

—   Le restaurant sur le toit ? Il est à toi ?

Ca ne m’étonne même pas plus que ça… Il m’avait dit qu’il était tombé amoureux de l’endroit. C’est logique qu’il ait un appartement dans l’immeuble où se situe son restaurant.

Il hoche la tête et continue :

—   Je possède aussi la pâtisserie en face du café où tu travailles.

Soudain j’ai une illumination :

—   C’est toi qui a fait livrer les gâteaux le jour où tu m’as invité pour un chocolat chaud !

—    Oui, ton patron est vraiment dur en affaires. Ces quinze minutes avec toi, m’ont coûté quelques bons desserts !

Il dit ça sur un ton guindé, mais ses yeux sont teintés d’humour.

—   J’espère que ça en valait la peine. Dix gâteaux ça fait beaucoup pour juste quelques minutes en ma compagnie…

Mon patron a vraiment abusé sur ce coup-là, surtout que j’ai normalement le droit de prendre une pause d’un quart d’heure pendant chaque service et que je ne le fais quasiment jamais.

—   Oh… Je ne lui en avais promis que cinq, mais comme tu as accepté un rendez-vous avec moi j’ai doublé la mise. Ça valait bien plus que quelques misérables cakes !

Je suis consternée de l’entendre traiter sa pâtisserie divine de cakes. Ses recettes sont délicieuses…

—   Tu te dévalorises chéri, objecte sa mère à ma place. Vous ne saviez vraiment pas qu’Albin travaille dans le milieu de la cuisine ? ajoute-t-elle à mon attention.

Je hausse les épaules, un peu perdue :

—   Il n’a jamais rien dit et à chaque fois que je l’ai vu, il portait un costume. Je ne l’ai jamais aperçu avec une toque de chef sur la tête…

Le principal concerné éclate de rire et répond :

—   Je réserve la blouse et la toque pour la cuisine et quand je suis à Paris, je m’occupe plutôt du marketing de l’entreprise donc le costume est obligatoire.

Ca explique pas mal de trucs, parce que jusqu’à aujourd’hui, je ne pouvais pas me l’imaginer devant un four…

Comme le père d’Albin adore faire des blagues, la suite du repas prend une tournure plus gaie. Même ma mère se déride à son contact. J’ai l’impression que ça fait une éternité qu’elle n’a pas passé une journée sans pleurer.

Au moment du dessert, elle arrive avec deux plats en main. Elle dépose sa bûche sur la table, à côté d’un montage artistique de noël tout en glaçage et en chocolat. C’est le travail d’Albin, ça ressemble tout à fait à ce qui se fait dans sa pâtisserie.

—   J’ai un peu honte de vous présenter ma bûche maintenant, avoue ma mère. Celle de votre fils est magnifique…

—   La vôtre est délicieuse Marlyse, assure Albin en prenant le couteau.

Il a le coup de main et en quelques minutes tout le monde a une assiette avec un morceau de chaque bûche dessus.

Ce n’est pas aujourd’hui qu’on va faire du régime… Je vais bientôt exploser si ça continue !

—   Tu as fait ça quand ? je demande à Albin en désignant son gâteau.

—   C’est une bûche glacée, je l’ai mise au congélateur avant d’aller vous chercher à la gare ce matin.

—   C’est délicieux en tout cas, savoure ma mère.

—   Oh c’est assez simple vous savez… Juste de la glace faite maison. Ce qui prend le plus de temps c’est la décoration.

Personne n’émet de doute là-dessus : ce n’est pas une bûche mais une œuvre d’art son dessert. Il a fabriqué des personnages de noël en chocolat et les a accrochés avec de la nougatine et des noisettes enrobées de miel.

–> Episode 10 : Joyeux Noël !

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2 réflexions au sujet de « Noël sous le gui [Partie 9] »

  1. Un savant mélange de gastronomie et d’histoire d’amour. Plus tard lorsque j’aurais un peu plus de temps devant moi, je lirai dans l’ordre ta jolie histoire de Noël. Ça m’intéresse beaucoup. Bonnes fêtes à toi et encore merci de m’avoir follow. Gros bisous

    Aimé par 1 personne

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