Aphrodisia [Chap 8]

Chapitre 8

Alors que je me préparais à me battre, un éclair de lumière balaya la pièce. Le temps sembla se figer.

Une seconde me suffit pour détailler le visage dur du Dieu des Océans exposé par les rayons lumineux. Ses cheveux châtains étaient coupés courts et il arborait une barbe de trois jours. Son nez aquilin tranchait avec sa mâchoire puissante. Le regard de glace qu’il m’adressa, me transperça m’empêchant de me mouvoir.

Poséidon était fier, empli d’une beauté brute, masculine.

Il me fusilla de ses yeux azur en apercevant mon visage empli de larmes et du sang qui coulait toujours de mon nez cassé.

Un vacarme de tous les diables retentit autour de nous, mais ses yeux ne quittèrent jamais les miens.

Soudain, Amphitrite entra dans la pièce comme une furie et le temps reprit son cours normal. Elle tira son mari par le bras pour l’éloigner de moi, tout en déversant un d’injures indignes d’une reine.

C’était le moment que j’attendais, la petite diversion qui me sauverait. La puissance de mes muscles se déploya d’un seul coup alors que je me ruais hors de ma cachette.

Nageant le plus rapidement possible, j’esquivai les mains de Poséidon qui tentaient de me ramener à lui. Je franchis la porte du dressing, puis passais par la fenêtre de la chambre sans me retourner.

Si je faisais de nouveau face à cet homme, je n’aurais plus la force de partir.

Un rugissement de dément envoya une onde de choc qui me percuta de plein fouet. J’étais sonnée, mais en en entendant Poséidon lancer ses gardes à ma poursuite, je ne réfléchis plus.

Je nageais comme si ma vie en dépendait. C’était certainement le cas, d’ailleurs… Si Héphaïstos me retrouvait, je ne donnais pas cher de ma peau.

Le retour vers la surface fut beaucoup moins paisible que l’aller. Les éléments se déchaînaient contre moi, c’était l’œuvre de mon ancien amant. Il faisait son maximum pour me ralentir…

Des courants contradictoires me bousculaient à droite, puis à gauche. J’avais du mal à me repérer, tant j’étais ballottée par les flots… Je me concentrais et aiguisai mes sens de Déesse pour retrouver la surface.

Dans mon dos, les hommes de Poséidon me hurlaient d’abandonner et de me rendre. Pourtant je en faiblissais pas, j’avais trop peur d’abdiquer. Les conséquences seraient terribles. Je n’étais pas prête à redevenir une Déesse à part entière, et encore moins à retrouver mes frères et sœurs…

Les forces me manquaient, mais je n’abandonnais pas. Je donnais tout dans cette course effrénée, cette course pour ma vie.

J’aperçus enfin la lumière de la surface, alors, un dernier élan propulsa mon corps et j’émergeai à l’air pur.

Mes poursuivants ne s’arrêtèrent pas, ils n’étaient plus qu’à quelques dizaines de mètres derrière moi. Mais à présent j’avais mon objectif en vue : la terre ferme n’était plus très loin.  De nombreux touristes étaient encore sur la plage, bien qu’il soit dejà dix-huit heures passé.

Ils m’observaient tous curieusement : le temps était frisquet pour la baignade… 

Les vagues hautes empêchaient qu’ils aperçoivent ma queue de poisson pour l’instant, mais il fallait que j’atteigne la plage pour me mettre à l’abri. Si je me jetais sur la plage, tout le monde verrait mes écailles et je n’avais pas assez d’avance sur les gardes pour attendre qu’elles disparaissent.

Dans un effort désespéré, je criai :

   Alerte ! Alerte ! Des requins, sauvez-vous !

Tous les visages se retournèrent vers moi en un instant. Les touristes remarquèrent la vitesse à laquelle je nageais : je battais à coup sûr le record olympique de 50 mètres nage libre.

Affolés, ils s’éloignèrent tous du rivage en courant, abandonnant leurs transats et toutes leurs affaires pour s’enfuir le plus loin possible de la plage.Tout l’étendue de sable se vida en moins d’une minute.

Je savais je j’aurais le temps de me sécher et de faire disparaître mes nageoires avant que qui que ce soit revienne sur place.

Je me jetais sur le rivage, puis rampais sur le sable blanc. Mes poursuivants ne pouvaient pas me suivre jusque-là, ils risquaient de s’échouer : leurs queues de poissons à eux ne pouvaient pas disparaître comme le faisait la mienne. 

Mes cheveux collaient à mon visage et des coquillages égratignaient ma peau, mais je ne bougeais plus. J’étais à bout de souffle.

Je parvins juste à tourner suffisamment ma tête pour apercevoir, à une centaine de mètres de moi, une dizaines de têtes émerger de l’eau. Poséidon avait envoyé toute une armada pour m’attraper.

Un sourire naquit au coin de mes lèvres juste avant que je ne m’évanouisse…

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4 réflexions au sujet de « Aphrodisia [Chap 8] »

    1. Aphrodite a eu chaud aux fesses en effet ! (Les histoires de famille ca nous rattrape toujours …)
      Retour dans un passé lointain demain soir pour connaître le commencement de l’histoire !
      Excellente soirée =D

      Aimé par 1 personne

  1. Elle a eu chaud !
    Je me demande comment sa soeur va s’en sortir… Je pense que ça va barder pour elle aussi.
    J’ai eu un tout petit espoir que Poséidon soit étonnement de son côté, mais non :p
    Très hâte de lire la suite 🙂 bisous

    Aimé par 2 people

    1. Amphitrite risque effectivement de subir la colère des dieux… Quant à Poséidon, il a quelques problèmes à régler avec notre héroïne !
      Demain soir, changement radical de décor, retour à la mythologie =D
      Bonne soirée !

      Aimé par 1 personne

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