Aphrodisia [Chap 15]

Chapitre 15

Des bruits de pas résonnèrent dans le couloir.

J’étais adossée à ma colonne depuis un moment, à réfléchir à une idée de punition. La fête battait son plein de l’autre côté de la porte. Les verres tintaient et la musique résonnait dans tout le palais.

Je ne savais vraiment pas quoi faire : c’était étrange que Minos défie Poséidon aussi grossièrement. Mon frère n’avait pas pour habitude de contrarier les Dieux. Il se pliait toujours en quatre pour ne déplaire à personne.

Les pas se rapprochèrent et les ombres d’un homme et d’une femme apparurent dans un coin de la pièce.

   Poséidon est en colère, ricana l’homme. Ton mari ne sera bientôt plus un obstacle.

Je connaissais cette voix, mais impossible de mettre un nom dessus.

Je me recroquevillai sur moi-même, avide d’écouter cette conversation qui avait l’air fort intéressante.

   Père, c’était du génie de remplacer le Taureau offert par Poséidon !

Cette voix-là, je la reconnus sans mal : c’était Pasiphaé, la femme de Minos. La voix irritante de cette sorcière était inimitable.

Ainsi c’était à cause d’elle que Minos avait sacrifié le mauvais Taureau… Je ne m’étais pas trompée sur son compte : c’était une harpie vénale.

   Tu seras bientôt seule sur le trône de Crête, dit gaiment l’homme.

C’était Hélios, le père de Pasiphaé. Hélios était chargé de parcourir la terre sur son char pour offrir les premiers rayons du soleil aux hommes. Il avait toujours été avide de pouvoir, ce n’était pas étonnant qu’il aide sa fille à évincer Minos.

   Il me faudra encore me débarrasser d’Ariane, c’est elle l’héritière du trône.

   Nous trouverons bien un moyen ma fille. Tes poisons nous ont débarrassé de nombreux ennemis, renchérit Hélios.

Je devais prévenir la pauvre Ariane que sa belle- mère en avait après elle. Il fallait que je lui embauche un goûteur, elle ne pouvait dorénavant plus manger n’importe quoi. Pasiphaé ne reculerait devant rien pour la tuer…

   Où est le Taureau de Poséidon ? demanda Hélios.

   Dans mes écuries, répondit Pasiphaé. Je le garde pour saillir mes troupeaux.

   Tu fais bien, ma fille. Tu as en ta possession la plus belle bête de toute la Grèce.

J’étais atterrée par ce que j’entendais : Pasiphaé ne s’était même pas donné la peine de se débarrasser du taureau… Elle faisait preuve de négligence. Une négligence que je saurais mettre à profit : une idée germait déjà dans ma tête !

Les ombres des deux personnages disparurent en même temps que leurs voix. Ils venaient de rentrer dans la salle des festivités.

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8 réflexions au sujet de « Aphrodisia [Chap 15] »

  1. J’aurais dû m’en douter que c’était la femme de Minos qui avait fait tout ça !
    J’ai hâte de voir quelle idée germe dans sa tête ! Et comme ils vont tous s’en sortir dans cette situation !

    Aimé par 2 people

      1. Ahh oui, tiens ! Tu me fais penser que je devais te demander, tu as des jours précis pour la publication ? (Histoire que je ne reprenne pas trop de retard comme je l’ai fait xD)

        Aimé par 2 people

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