Aphrodisia [Chap 17]

Chapitre 17

Le présent

La lune était pleine lorsque j’ouvris les yeux et on y voyait presque comme en plein jour. J’étais encore couchée sur la plage, à moitié nue. Mes nageoires avaient disparu et j’avais retrouvé mes jambes.

En essayant de me lever, mon regard tomba sur le tatouage à l’intérieur de mon poignet gauche.  Du bout des doigts, je le caressai, il avait plus de deux millénaires… et ne s’était jamais estompé.

J’avais déjà songé à le faire enlever : les dermato ont fait des progrès fantastiques grâce au laser, mais au dernier moment je m’étais dégonflée. Ce tatouage était un souvenir trop précieux pour le faire disparaître sur un coup de tête.

Le dessin était très simpliste : deux petites vagues à l’encre noire. Il avait été dessiné en Crête, le lendemain de la nuit passée dans les bras de Poséidon.

Je me souviens d’avoir exigé que le tatoueur fasse sa gravure pile au milieu de mon poignet. À l’exact endroit où les lèvres de Poséidon avaient, pour la première fois, touché ma peau. Je voulais pouvoir me souvenir à jamais de la sensation que ses lèvres m’avaient procurées.

Cet ornement noir etait un caprice de gamine, mais ce caprice me poursuivait depuis bien longtemps. Personne ne m’avait jamais demandé ce que signifiait ce dessin, parce qu’il semblait logique que je dessine ça : j’avais quand même passé toute mon enfance avec ma mère au fond des mers.

À l’époque, mes amis Dieux avaient pensé que ce tatouage signifiait mon appartenance à l’Océan. Ils ne pouvaient s’imaginer à quel point ils avaient raison… Une seule personne savait que je n’avais pas fait dessiner des flots pour représenter ma naissance, mais bien pour lui.

Poséidon.

Plusieurs mois après avoir fait graver les deux vaguelettes, j’avais fait ajouter au dessin le nom « Eris ». Ce mot en grec ancien trônait fièrement juste en dessous les vagues. Ca me permettait de ne pas oublier… De ne jamais oublier ce que j’avais perdu.

D’un revers de main, j’essuyai les larmes qui commencaient à remplir les coins de mes yeux. Du sable se coinça sous ma paupière et je dus cligner plusieurs fois pour l’enlever. 

Je remis les habits que j’avais rangés dans un casier avant d’aller nager, puis marchai d’un pas décidé vers mon appartement. Mes cheveux collaient sur mon front et le sel sur ma peau me démangeait, mais j’avais de plus gros problèmes pour l’instant : la traque avait commencé. Les Dieux avaient retrouvé ma piste…

À peine arrivée, je pris une douche pour enlever les dernières gouttes d’écume séchées. Les doutes commencèrent à m’assaillir : est-ce que Poséidon avait déjà prévenu les autres Dieux de ma présence ? Est-ce qu’ils se mettraient à ma recherche ? Mille et une questions auxquelles je n’avais aucune réponse. Auxquelles je ne voulais avoir aucune réponse…

J’étais exténuée et anxieuse : Poséidon était en colère. ll m’avait fusillée du regard et sa haine m’avait brisé le cœur…

J’espérais que son mari laisse Amphitrite tranquille, mais j’en doutais : il savait que c’était pour sa femme que j’étais venue à Atlantide. Elle était son meilleur moyen de me retrouver. Ma sœur allait devoir rendre des comptes à son mari et aux autres Dieux.

Nos relations familiales n’étaient pas au beau fixe, mais je m’inquiétais pour elle. Je me souvenais vaguement que les méthodes olympiennes pour faire parler les traîtres n’étaient pas tendres et ça n’avait sans doute pas beaucoup évolué.

Ce ne fut que vers une heure du matin que je pus enfin m’allonger sur mon lit. Je mis un temps fou à m’endormir tant j’étais angoissée…Mon corps etait épuisé, mais tous mes muscles étaient crispés. 

Mon sommeil fut agité et je n’arrivais pas à me sortir de mes cauchemars. Les images et les sons qui me provenaient du fond de mes rêves étaient terribles…

Ma sœur enchaînée au milieu d’une salle. Douze trônes dont un seul n’était pas occupé. La voix de mon père répétant sans arrêt mon prénom. Des visages déformés par la colère.

Les gardes de Poséidon. Zeus ordonnant qu’on me retrouve.

La tempête faisant rage en mer. Des éclairs dans le ciel.

La fureur des Dieux !

Amphitrite emprisonnée. Torturée…

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5 réflexions au sujet de « Aphrodisia [Chap 17] »

  1. « mes muscles étaientcrispés » > manque un espace ^^

    Wooow pas cool du tout ce qu’il se passe 😮
    Poséidon l’a balancé 😦
    La pauvre Amphitrite 😦 elle va douiller 😦
    Je me demande comment la suite va se dérouler ohlala 😮

    Aimé par 2 people

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