Aphrodisia [Chap 32]

Chapitre 32

—     Hadès ! hurla Zeus.

De quoi réveiller les morts…

Le Dieu des Enfers se matérialisa instantanément dans la pièce. Même lui n’osait pas défier un ordre de son frère quand il prenait ce ton-là.

Hadès était vêtu entièrement de noir et des flammes dansaient dans ses yeux, il avait du mal à se soumettre à l’autorité. Beaucoup lui enviaient la perfection de ses traits, il était ténébreux et tout en muscle. Hadès était l’incarnation même de la séduction. Il fallait bien que l’Enfer ait tout de même quelques qualités…

—   Bonjour Zeus. À toi aussi Déesse de toute beauté, nous salua Hadès en faisant une courbette insolente.

Il n’eut droit qu’à deux grognements en guise de réponse. Zeus et moi étions tous les deux plutôt énervés et pas d’humeur à écouter les exubérances moqueuses d’Hadès.

—   Vous avez fait une petite fête ? demanda Hadès en observant avec amusement les décombres dans ma chambre.

Personne ne répondit, aussi continua-t-il, à l’intention de Zeus :

—   Que me vaut l’honneur de cette convocation dans tes nuages, mon frère ?

—   Tu vas surveiller Aphrodite jusqu’à son mariage.

—   Je suis baby-sitter maintenant ?

Hadès sembla légèrement offensé, mais il souriait de toutes ses dents. Apparemment l’idée de me chaperonner et surtout de tourmenter le rendait tout heureux.

—   Tu seras ce que je te dis d’être ! cria mon père en envoyant valser les quelques objets sur ma commode qui avaient résisté au carnage.

Ça me coupa le sifflet. Et à Hadès aussi. Zeus était dans une colère noire et ne se contrôlait plus du tout. Je devais discuter avec mon oncle lorsque mon Père serait sorti de la pièce. Aucune conversation censée n’était possible pour le moment.

—   Avec qui te maries-tu jeune Déesse ? Tu as caché des choses à ton Tonton préféré, plaisanta Hadès en m’observant.

Ce n’était pas le moment de rigoler, je ne voulais pas me marier. Encore moins avec celui qu’on m’avait désigné d’office.

—   Elle a choisi Héphaïstos, dit mon père en se dirigeant vers la porte de ma chambre pour nous laisser.

Je faillis m’étouffer avec ma salive : je n’avais rien choisi du tout !

Zeus adressa un dernier regard d’avertissement à son frère avant de sortir. Hadès allait me coller aux basques sinon il allait se faire roussir le derrière par quelques éclairs.

—   Tu as de sacrés goûts, se moqua Hadès. Je pensais que ton cœur penchait plutôt du côté d’Arès ou Hermès.

—   Ce sont mes amis, répliquai-je avec conviction.

J’avais l’impression d’avoir expliqué ça aux Dieux déjà des centaines de fois… Il n’y avait aucune espèce romantisme entre Arès, Hermès et moi. Peut-être qu’Hermès aurait apprécié partager de temps en temps son lit avec Arès, mais ça s’arrêtait là…

En regardant le champ de ruines qu’était devenue ma chambre, je me laissais tomber sur mon matelas éventré. Je me sentais encore plus émotive depuis que j’avais découvert que j’étais enceinte. La faute aux hormones sans doute. Je me roulai en boule pour pleurer, j’avais besoin d’évacuer le trop plein d’émotions.

Je m’en fichais qu’Hadès soit là et qu’il me voit dans cet état. Je m’en fichais des Dieux, d’Héphaïstos et du mariage. La seule chose qui importait dans l’immédiat c’était mon bébé et j’étais impuissante.

Le matelas à côté de moi s’enfonça et Hadès s’étendit à son tour sur le lit. Il m’attira contre lui de manière à ce que ma tête repose sur son épaule.

Mon baby-sitter me laissa sangloter un moment avant de dire :

—   Si ton père veut que tu épouses Héphaïstos, c’est qu’il doit y avoir une bonne raison.

Je reniflai bruyamment.

—   La raison c’est qu’il me déteste !

Ce n’était absolument pas vrai, je faisais preuve de mauvaise foi… Mon père m’aimait, mais pour le moment j’avais besoin de piquer ma crise. J’étais la fille préférée de Zeus. Il avait toujours cédé à tous mes caprices et c’est pour cela que je ne comprenais pas qu’il m’impose un tel mariage aujourd’hui.

—   Vois le bon côté des choses, ton mariage va faire quelques heureux. Il y aura une grande fête en ton honneur. Dionysos va s’occuper du vin et tu auras de la musique super si tu embauche les muses d’Apollon pour la cérémonie.

—   Ouais bien sûr, tout le monde va s’éclater, râlai-je en m’imaginant la scène. Athéna doit sauter de joie en ce moment !

Nous nous détestions cordialement toutes les deux. Aussi différentes que le soleil et la lune, nous n’avions rien en commun à part notre père.

—   Elle est jalouse.

Pour une fois, Hadès semblait sérieux.

—   Mais de quoi ?! C’est la petite fille parfaite, intelligente et sage. Celle qui ne fait jamais d’erreur et qui a toujours raison.

—   Tu te trompes, ce n’est pas elle la fille favorite de Zeus. C’est toi. Ton père et très fier d’Athéna, mais c’est toi qu’il aime. Celle pour qui il ferait tout, c’est toi.

Je ris en entendant ces paroles vides de sens. Il ferait tout, sauf me laisser épouser la personne que j’aime. Pas que je veuille épouser qui que ce soit, mais ça aurait pu servir dans l’avenir…

—   Et c’est pour ça qu’il m’oblige à épouser un homme que je n’aime pas !

—   Il n’a pas eu le choix, il devait sauver Héra.

—   Il a donc choisi sa femme plutôt que sa fille !

J’étais tellement énervée ! Si le même dilemme se présentait à moi, je choisirai sans hésiter mon enfant. C’était mon bébé ma priorité et pourtant il n’était même pas encore né !

—   Héra a failli mourir, toi tu ne dois qu’épouser un homme insignifiant. Dès que vos vœux seront prononcés, tu pourras recommencer à faire ce qu’il te chante. Héphaïstos ne s’en offusquera pas tant tu restes discrète.

Je dus me retenir de ne pas coller une gifle à Hadès. Il croyait que je m’inquiétais seulement pour ma petite personne, que je ne m’inquiétais que de savoir si je pourrais encore faire la fête et coucher avec n’importe qui. J’avais une bien piètre réputation des Dieux…

—   Il n’est pas question de ça ! Zeus a préféré prendre parti pour sa femme, qu’il n’aime pas, plutôt que pour moi !

—   Penses-tu vraiment que ton père n’aime pas Héra ? demanda Hadès perplexe.

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8 réflexions au sujet de « Aphrodisia [Chap 32] »

  1. Il est quand même bien ce Hadès 🙂 enfin, il a de bons côtés ^^
    Huuuum la dernière phrase me laisse perplexe, tiens 🙂 je pense que ça aura un sens par la suite 🙂 Booon, je veux savoir pour le bébé :p

    Petite faute ici :

    « Je devais discuter discuter avec mon oncle lorsque mon Père serait sorti de la pièce. Aucune conversation censée n’était possible pour la moment. »

    » 2 fois « discuter » et « la moment » –> le moment 🙂

    Aimé par 2 people

      1. Coucou Mélie. Je suis en escapade chez ma famille à l’occasion de mon anniversaire (13/02). Dès mon retour je ne manquerai pas de lire la suite passionnante de notre belle héroïne. Gros bisous à toi et merci encore pour tous ces partages.

        Aimé par 1 personne

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