Aphrodisia [Chap 38]

Chapitre 38

Le présent

La lumière était éclatante sur le parvis de la demeure de Zeus. Il faisait nuit, mais on y voyait comme en plein jour.

Une gigantesque statue du propriétaire des lieux nous rappelait chez qui nous arrivions (au cas où ça nous aurait échappé en apercevant le palais…)

—   C’est la statue de…

Hermès m’interrompit en souriant :

—   Oui oui, c’est celle d’Olympie. Elle a failli brûler dans un incendie, mais Père l’a sauvée. Il aimait trop ce portrait de lui pour le laisser partir en fumée.

—   Plus c’est gigantesque, plus ça lui plaît… râla Artémis.

La Chasseresse avait raison. La statue en marbre blanc, qui représentait mon père assis sur son trône avec un sceptre à la main, culminait à plus de trente mètres de hauteur.

Nous contournâmes l’ouvrage et arrivâmes devant le palais. L’extérieur avait bien changé depuis mon dernier passage.

Le style grec se mélangeait au rococo et les architectes n’avaient pas lésiné sur les baies vitrées. Le bâtiment avait quelque chose de Versailles. De chaque côté, une aile avançait sur la cour en pavés et se démarquait dans le bleu nuit du ciel. Des projecteurs illuminaient la façade et rendaient l’édifice encore plus spectaculaire.

—   Il manquait des chambres pour accueillir des invités alors Zeus a fait refaire tout le palais, expliqua Hermès. Il y a eu dix ans de travaux. Héra devenait folle.

—   Enfin… juste un plus que d’habitude en fait, se moqua Artémis en riant.

Au moins certaines choses ne changeaient pas, me dis-je.

—   Sur ta droite, tu as l’aile d’Hercule et sur ta gauche celle d’Ulysse. Tu verras à l’intérieur, Papa a fait de sacrés aménagements.

J’acquiesçai, pas sûre de comprendre pourquoi les pièces portaient des noms de célébrités de la Grèce Antique.

En passant l’entrée principale, je remarquai que l’agencement des pièces principales n’avait pas changé. Les deux ailes avaient juste étaient rajoutées de chaque côté du palais, mais la salle de trône et les appartements royaux n’avaient pas bougés. Il étaient au centre de l’édifice.

—   C’est tout droit, m’informa Artémis.

—   Je sais.

Elle me lança un regard en biais et un petit sourire illumina son visage.

—   Tu n’as pas oublié, fit-t-elle satisfaite.

Non en effet… Tout me revenait comme si c’était hier, j’avais l’impression de n’avoir jamais quitté cet endroit.

Nous traversâmes la salle du trône où siégeaient habituellement Zeus et sa femme, puis nous bifurquâmes vers une petite porte gravée de dorures.

De l’autre côté de la porte, nous attendaient, assis, tous les membres du Conseil. Artémis, Hermès et moi traversâmes un petit pont suspendus sur les nuages qui donnait sur une pièce en forme de grand cercle autour duquel étaient alignés douze trônes.

Le sol étaient pavé d’une mosaïque géante représentant l’avènement des Dieux et l’emprisonnement de Cronos, Roi des Titans. La salle du Conseil flottait dans les nuages, elle était totalement isolée du reste du palais et exclusivement réservée aux Dieux qui y siégeaient.

Artémis et Hermès allèrent s’asseoir à leur place, quant à moi, sans un regard pour les autres, je me dirigeai vers mon siège vide. Les regards étaient tous braqués sur moi, mais je n’étais pas encore prête à les affronter.

Une voix m’arrêta au moment où je montais les trois marches pour m’installer sur mon trône d’or gravé de roses. Il était le troisième siège à la droite de Zeus, juste entre Hadès et Arès.

—   Bienvenue à toi Aphrodite, s’exclama mon père.

Je me tournai enfin vers lui, il avait les bras grands ouverts pour m’accueillir. Les embrassades émues, très peu pour moi…

—   Bonjour Père, murmurai-je sans bouger.

—   Ne t’assied pas tout de suite, ma fille.

Il m’ordonna d’un geste du doigt de me placer au milieu du cercle formé par les sièges. Je m’exécutai et levai les yeux vers les Dieux en face de moi.

Héra était à gauche de Zeus, à côté d’elle était assis Héphaïstos, puis Athéna. De l’autre côté du président de séance étaient assis Hermès et Arès. Le siège inoccupé à côté de ce dernier était le mien. J’étais normalement assise juste en face d’Athéna.

Tous me dévisageaient, se demandant sans doute si mon retour était une farce.

—   Ça fait plaisir de te revoir Beauté ! s’exclama Hadès.

Personne ne s’offusqua de la familiarité qu’il utilisait avec moi, nous étions habitués à ses excentricités. Hadès faisait ça pour nous énerver.

Il était hors de mon champ de vision parce que je faisais face à Zeus. De même, je ne voyais pas Poséidon, mais je sentais qu’il était assis à gauche d’Athéna. Les trois frères étaient installés chacun à un bout de la salle, le plus loin possible les uns des autres. C’était comme ça depuis la nuit des temps.

—   Toi aussi tu m’as manqué, Hadès, mentis-je sans me retourner pour le regarder.

—   Où étais-tu ? coupa Zeus.

—   Un peu partout…

C’était honnête comme réponse : j’avais visité tous les continents et traversé tous les Océans durant mes deux millénaires de fuite.

Mon père claqua du doigt et je sentis un poids alourdir ma jambe gauche. Un bracelet épais en or était fixé à ma cheville droite.

Au cas où l’envie de prendrais de t’enfuir à nouveau, expliqua Zeus.

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