Aphrodisia [Chap 42]

Chapitre 42À peine fus-je entrée dans la pièce que l’on me projeta au sol. Je tombai lourdement sur le ventre et les coups se mirent à pleuvoir. Je hurlai et essayai d’appeler à l’aide, mais la douleur était si vive aux endroits où se répercutaient les coups que ma voix ne ressemblait à rien…

À chaque assaut, la souffrance de mon corps devenait plus insoutenable. Mon ventre, mon dos, mes côtes, ma tête… Mon bourreau ne laissait aucun répit à mon agonie.

Je cachai mon visage entre mes mains pour le protéger tout en continuant de m’époumoner. Ma tête allait exposer si cette torture ne s’arrêtait pas bientôt !

Comme pour répondre à ma prière intérieure, les coups cessèrent soudainement, mais je fus traînée sur le sol par les cheveux. Des larmes roulaient sur mes joues, j’avais tellement mal. Je me débattais comme une démente alors qu’on me balançait sans ménagement sur le lit.

Mon agresseur, je le connaissais, j’avais ne pouvais oublier sa manière de frapper. Violente et cruelle.

— Tu vas payer ! vociféra Héphaïstos en relevant ma robe sur mes cuisses.

Pitié… Je n’avais pas la force de subir ça en plus !

Je maintins mes vêtements en place du mieux que je pus tout en continuant d’appeler du secours. Je me débattais comme une démente, mais toute seule je ne pourrai lutter très longtemps.

Excédé par la résistance que je lui opposais, Héphaïstos me donna un coup de poing dans l’œil pour m’assomer. J’eus l’impression que mon orbite se désagrégeait dans ma boîte crânienne. Je lâchai mes habits par réflexe pour prendre mon visage entre mes mains et il en profita pour remonter ma robe au dessus de mes hanches.

C’était la première fois qu’il me frappait au visage, auparavant il avait toujours fait attention à viser des zones cachées par mes vêtements…

— Tu t’es bien foutue de ma gueule en te cassant, beugla-t-il en arrachant ma culotte.

Mes sanglots redoublèrent, je ne pouvais pas me défendre face à la force décuplée par la fureur de mon mari…

Je sentis Héphaïstos se redresser légèrement pour enlever son pantalon et j’en profitai pour lui assener un coup dans les valseuses. Il l’évita sans trop de mal et me donna une claque cuisante sur la joue en retour.

– Salope ! gronda-t-il.

Au moment où il s’allongea sur moi et me cloua les bras sur le lit, je voulus le supplier de me lâcher. Mais je me retins, je ne voulais plus jamais implorer cet homme, il en retirait bien trop de satisfaction.

Je m’apprêtais à serrer les dents et à subir mon supplice, lorsqu’un rugissement de haine résonna autour de moi. Le poids d’Héphaïstos s’arrêta brusquement de peser sur moi et je l’aperçus s’envoler à travers la pièce.

— Espèce de porc ! fit une voix tonitruante.

Je gisais inerte sur le lit, anéantie et humiliée. J’entendais des craquements, des coups de poing, des meubles se brisé et par dessus tout ça, les grognements de douleur de mon mari.

De mon seul œil qui voyait encore, je fis un effort pour apercevoir qui avait empêché Héphaïstos de s’en prendre à moi. Poséidon le réduisait en miette. Il était dans une colère noire, je ne l’avais jamais vu aussi énervé. Il produisit un son étranglé misérable lorsque Poséidon le souleva à quinze bons centimètres au-dessus du sol. Il le maintint en place et le cogna avec ses genoux de toutes ses forces dans les côtes.

Quand Héphaïstos eut son compte, et sans plus de cérémonie, le Dieu des Océans le bazarda par la fenêtre. Mes carreaux se brisèrent et le cadre de fenêtre se fractura. J’étais dans un tel état que je n’avais même pas mal au cœur pour la nouvelle décoration de ma chambre qui venait d’être entièrement bousillée..

Poséidon hurla par la vitre brisée à mon mari :

— Si tu t’approches encore d’elle, je te tue !

Le bruit de la chute d’Héphaïstos résonna jusque dans mes entrailles. Il était tombé de l’équivalent du troisième étage d’un immeuble et pourtant ça n’avait pas dû lui faire plus de quelques égratignures. Il aurait beaucoup plus de mal à récupérer de ce que lui avait infligé Poséidon. J’étais au moins un peu soulagée qu’il soit, loin de moi pour l’instant.

Le silence, troublé uniquement par mes sanglots, était lourd dans la pièce. Je tentai de me rassoir et de cacher mon corps nu à Poséidon. Le haut de ma robe était déchiqueté et le jupon ne couvrait plus du tout mes cuisses. Je n’avais pas de problèmes de pudeur, mais je devais être sacrément laide avec mes côtes cassées et ma peau violacée…

Un profond râle m’échappa alors que la douleur irradiait dans tout mon corps. Je ne pouvais pas bouger un seul doigt de pied sans avoir l’impression d’être écartelée. Même respirer me faisait souffrir…

Poséidon s’approcha lentement de moi, m’installa précautionneusement un coussin sous la tête, puis il me recouvrit d’un drap. Mes yeux se fermèrent et je me recroquevillai en boule sur le lit.

Je faillis hurler quand il s’installa à côté de moi et que le matelas s’affaissa. Ça faisait tellement mal…

Il déposa un tissu humide sur mon front et des glaçons dans un torchon sur mon œil.

— Chhhhhhh, fit-t-il lorsque je gémis.

— Ça gelé, grognai-je.

Mais c’était comme si mes cordes vocales, elles aussi, étaient blessées. J’avais tant crié…

— Je sais, Amour… Je vais rester avec toi.

Ça m’apaisa un peu de savoir qu’il ne me laisserait pas seule.

— Il va… Il va revenir, l’avertis-je.

C’était ce qui me faisait le plus peur. Les coups recommenceraient et je les supporterai. Puis je me remettait de mes blessures en attendant la prochaine rafale. C’était un cycle infernal. Un cycle sans fin…

— Il sera reçu comme il se doit, répondit calmement Poséidon.

Mais je sentis qu’il n’était pas serein. Si je n’avais pas été aussi mal, il aurait sans doute escorté Héphaïstos lui-même jusqu’aux prisons du Tartare. Mon mari était lâché dans la nature et Dieu seul pouvait savoir ce qu’il était en train de comploter pour se venger…

— Dors maintenant, m’ordonna-il.

Je ne voulais pas dormir, j’étais terrorisée et les cauchemars allaient reprendre si je fermais les yeux. Pourtant mon corps ne demandait que ça. Les endorphines qu’il sécrétait pour apaiser mon mal rendaient mes paupières très lourdes…

Je fini par sombrer lentement, en écoutant la respiration lente de mon gardien qui appliquait du froid sur mon œil poché
.

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Une réflexion au sujet de « Aphrodisia [Chap 42] »

  1. Bien fait pour Héphaistos ! Quelle brute tout de même. Il voulait violer notre Aphrodite ! Ouf ! Elle l’a drôlement échappé belle ! Je continue ma lecture. Je suis ravie de relire « Aphrodite »….ton écriture est fluide….et puis on veut toujours connaître la suite…C’est addictif !

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