Aphrodisia [Chap 65]

Chapitre 65

Le présent

Les applaudissements retentirent pendant plusieurs minutes lorsque je me téléportai à nouveau sur l’Olympe accompagnée d’Arès après notre duel.

J’entendais le public murmurer des :

« C’est impossible ! »

« Arès battu ?! »

« Elle est bien de retour parmi nous ! »

« On se souvient de toutes ses frasques… »

« Elle va semer la zizanie ici ! »

Je n’avais jamais été la Déesse la plus appréciée par mes compatriotes olympiens. J’étais connue pour mes excès, mes amants et mon inconstance, malheurement pas pour mes qualités. Cependant, je préférais ne pas trop porter attention aux bavardages médisants. Il était nécessaire pour l’instant que je retrouve ma place, nous verrions plus tard pour la popularité…

Dans mon champ de vision, j’aperçus Pan et Perséphone en grande discussion. Ils avaient l’air lugubre et me lançaient des regards assassins. Ils pensaient sans doute que je serai éliminée dès la première épreuve. J’avoue que c’était aussi ce que j’avais cru…

Oubliant ces deux pique-assiette, je m’avançai vers le trône de mon père. Zeus affichait un sourire ravi et ses yeux brillaient de fierté. Mon cœur se serra avec bonheur.

Zeus m’avait beaucoup manqué, je m’en rendais compte à présent. Mon père était une figure essentielle à mon équilibre et j’étais heureuse qu’il me soutienne, bien que je l’eusse trahi en m’enfuyant.

D’un geste de la main, il intima le silence à toute l’assemblée :

–     Dieux, Déesses et autre Amis, Aphrodite a triomphé avec brio d’Arès en cinquante-deux minutes. Elle participera donc à l’épreuve suivante qui aura lieu dans deux jours. Cette fois, son esprit de stratège sera évalué.

Mon soulagement aura été de courte durée…

Dans deux jours à peine on m’avait concocté une nouvelle épreuve impossible. S’il était question de stratégie, je pariais mes sous-vêtements en satin que j’allais me retrouver contre Athéna. Quelle joie… La peste en titre !

Je lui jetai un regard en biais et le sourire perfide qu’elle affichait confirma mes soupçons. La Déesse de la Sagesse sur son propre terrain… Athéna serait encore plus dure à battre qu’ Arès ! J’allais faire quelques cauchemars cette nuit…

La foule se dispersa rapidement après l’annonce de l’épreuve suivante. Les spectateurs se dissipèrent sans bruit en me lançant des regards haineux pour les femmes et des sourires brûlants pour les hommes.

Une boule se forma dans mon estomac. Je n’étais pas revenue pour que tout recommence. Je voulais arrêter mes bêtises, mais il fallait croire que ma réputation me précédait…

Hermès me rejoignit et me colla un énorme baiser mouillé sur la joue :

–     Tu lui as mis la pâtée à ce gros tas de muscles, s’exclama-t-il en désignant Arès.

Je lui fis un câlin en retour, heureuse de trouver un visage ami parmi tous mes détracteurs.

–     Il faut qu’on te rhabille par contre Beauté ! Ta culotte Victoria Secret est super sexy, mais je ne crois pas que tout le monde soit très à l’aise de voir ton postérieur.

J’avais oublié qu’il ne me restait que mon T-shirt moulant ! Mon pantalon était resté dans la mer quand je m’étais transformée…

Hermès m’accompagna jusqu’à ma chambre dans l’aile d’Ulysse. Artémis ne tarda pas à nous rejoindre pour me féliciter. Elle qui était toujours si taciturne, je lui trouvai un air radieux. Elle semblait sincèrement enchantée de ma victoire. Mais toujours dans la retenue, elle nuança ses propos :

–     C’était une belle bataille, mais il faut te préparer pour la suite Aphrodite.

–     Oui, dans deux jours tu vas mettre une raclée à Athéna ! s’enthousiasma Hermès. Ça fera peut-être sortir le balai qui est profondément enfoncé dans son c…

–     Tu n’avais pas le droit de lui donner toutes ces informations ! le rebroua Artémis avec un regard sévère.

–     Ne t’en fais pas, je me doutais qu’il s’agissait d’Athéna pour l’épreuve de mardi. Cette tête de pioche souriait une dinde…

La Chasseresse me lança un regard navré :

–     Elle t’attend au tournant…

–     Mais non !!! protesta Hermès. Notre Aphrodite ne va en faire qu’une bouchée.

J’aurais aimé avoir sa candeur pour pouvoir être aussi naïve. Mais je devais me préparer au pire si je voulais avoir une chance contre Athéna.

Mes deux amis m’accompagnèrent jusque dans ma chambre, puis me quittèrent donc en disant qu’ils reviendraient me voir demain.

Dès qu’ils me laissèrent, je fonçai dans la douche. J’avais hâte d’enlever le sable dans mes cheveux et le sel qui me grattait la peau après mon plongeon dans l’océan. Je ne pris pas la peine de me sécher et enroulait juste une serviette autour de moi. Mes cheveux étaient trempés, mais je m’en fichais, j’étais épuisée. Je rêvais de m’allonger et de dormir quelques heures.

En sortant de la salle de bain, je poussai un cri strident. Mon cœur s’arrêta un instant en découvrant que quelqu’un était allongé sur mon lit.

Heureusement cette fois-ci je n’avais pas la mauvaise surprise de retrouver Héphaïstos dans ma chambe. C’était juste Arès. Il observait avec un air grivois ma tenue très légère.

–     Mais qu’est-ce que tu fais-là ? hurlai-je.

Je n’avais aucune envie de lui parler. Il m’avait menti et m’avait caché que c’était lui que j’allais devoir confronter.

–     Je viens m’excuser, dit-il en se redressant pour s’asseoir au bord du lit.

Malgré son sourire, je décelai dans son regard une trace de honte.

–     Tu t’es bien foutu de moi ! crachai-je.

Ma colère contre mon meilleur ami était plus que justifiée et il le savait.

–     Je n’avais pas le droit de te dire que ce serait moi… se justifia-t-il péniblement.

–     C’était bien la peine de me faire endurer toutes ces séances de tortures si tu savais que je n’avais aucune chance ! Tu as du bien te marrer durant tout ce temps !

Cette fois, il afficha un air victorieux, comme si c’était lui qui avait gagné notre duel.

–     Tu m’as vaincu pourtant.

–     Pas grâce à toi en tout cas, grognai-je.

–     Tu n’aurais jamais réussi à tirer avec cette fronde sans toutes nos heures d’entraînement, rectifia-t-il.

Il avait raison, mais j’étais tout de même en rogne.

–     Tu ne m’as fait aucun cadeau sur le terrain !

Il eut un air affligé en disant :

–     Zeus me l’avais ordonné. Il savait que je n’avais pas le cœur à me battre contre toi. Il m’a demandé de rendre le combat le plus plausible possible. Je ne pouvais pas te laisser gagner aussi facilement, sinon Pan aurait dit que l’épreuve était truquée.

–     Tu m’as tiré dessus ! l’accusai-je  vainement.

–     J’ai tiré à côté de toi, rectifia-t-il.

–     Ouais ouais… ronchonnai-je.

–     Si je t’avais vraiment visée, je t’aurai touchée, certifia-t-il.

–     Allez, viens-là Poupée ! s’exclama-t-il en m’attrapant par la taille pour me ramener contre lui.

–     Je suis désolé, murmura-t-il en déposant un baiser dans mes cheveux humides.

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Hadès a des airs de Robert Downey Jr
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3 réflexions au sujet de « Aphrodisia [Chap 65] »

  1. J’adore les amis d’Aphrodite 🙂
    Elle va n’en faire qu’une bouchée de cette Athéna, on y croit !
    Trop chou Arès ♥
    Robert Downey Jr pour Hadès ? Huuuuum, j’avoue que le côté sarcasme correspond bien ^^

    Aimé par 1 personne

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