Aphrodisia [Chap 67]

Chapitre 67

Devenant de plus en plus imperméable aux scènes de jalousie de Poséidon, je me relevai du lit et pris une robe légère dans l’armoire.

–     Je vais m’habiller pendant que tu te calmes, signalai-je en me dirigeant vers la salle de bain.

–     Pour lui tu te balades en serviette éponge, mais dès que j’arrive tu te rhabilles !

–     Tu te méprends sur ce qu’il y a entre Arès et moi, répondis-je simplement.

Arès était mon ami le plus cher et si Poséidon n’était pas capable de comprendre ça, alors il n’avait rien à faire dans ma vie.

–     À chaque fois que j’arrive à l’improviste chez toi, je te découvre couchée dans ses bras. Qu’y a-t-il à d’autre  comprendre?! cracha-t-il.

Je claquai la porte de la salle d’eau derrière moi et passai la robe en flanelle vert d’eau à bretelles que je venais de prendre au hasard dans l’armoire. C’était idiot, mais j’étais contente de savoir que Zeus avait rempli de vêtements le dressing de ma chambre sur l’Olympe. Des dizaines de nouvelles fringues rien que pour moi ! Ça me mettait de bonne humeur, malgré le gros ronchon qui se tenait de l’autre côté de la porte.

–     Ne te planque pas là-dedans, Aphrodite, grogna Poséidon toujours sur le même ton.

Décidant de l’ignorer totalement, je sortis le sèche-cheveux et l’allumait. Au moins l’appareil bruyant couvrait la voix de Poséidon qui pestait.

Je fermai les yeux, en essayant d’oublier tous mes soucis et de me détendre, mais je sentis qu’on m’arrachait mon outil des mains. C’était de nouveau Poséidon. Il ne me laissai donc jamais tranquille ?!

Je m’apprêtais à l’enguirlander rudement, mais au lieu de continuer à polémiquer, il ralluma le sèche-cheveux et commença à s’occuper avec douceur de ma lourde chevelure blonde.

Il s’était lancé dans un travail de longue haleine vu l’épaisseur de mes cheveux, pourtant il ne râla pas une fois. Une fois l’appareil éteint, il passa même un coup de brosse dans ma tignasse pour la dompter un peu.

–     Merci, dis-je sincèrement une fois qu’il eut terminé.

La colère dans son regard s’était dissipée et il semblait plus calme qu’un peu plus tôt.

–     De rien. J’ai toujours adoré tes boucles d’enchanteresse, murmura-t-il en passant encore une fois la main tendrement dans mes cheveux.

Je me détournai pour cacher mon trouble, mais il m’observa dans le miroir.

–     Tu me mènes la vie dure… avoua Poséidon.

Ses mains glissèrent le long de mes bras alors qu’il était derrière moi et que j’étudiais chacun de ses mouvements dans la glace.

–     Je veux être le seul à pouvoir te tenir nue dans mes bras, murmura-t-il en embrassant mon épaule dénudée.

Je l’observais, hypnotisée, alors que ses mains calleuses visitaient mes cuisses, mon ventre et se logèrent finalement sur mes seins.

Sa bouche fit son chemin le long de ma clavicule, puis remonta le long de mon cou, jusque sous mon oreille à laquelle je lui donnai librement accès en penchant ma tête.

–     Tu es exigeante avec moi, mon Amour. Mais que dirais-tu si tu trouvais une autre femme dans mes bras  seulement vêtue d’une petite serviette?

Une image tout à fait horrifiante me traversa et j’aurai explosé de colère si je n’avais pas senti les doigts et les lèvres de Poséidon m’assaillir de toute part.

–     Que ferais-tu si je dormais avec elle toutes les nuits ?

L’une de ses mains s’était glissée entre mes cuisse et titillait à présent la bordure du léger sous-vêtement que je venais de passer. Mon souffle se faisait de plus en plus ératique.

–     Que ferais-tu si je t’abandonnai pour une autre ?

Un grognement de protestation m’échappa :

–     Je la tuerai !

Je ne pouvais imaginer qu’une autre femme occupe son lit et ses pensées. Je lui appartenais corps et âme et je ne pouvais considérer qu’il puisse en être autrement pour lui.

Ma sœur était sa femme, mais je savais que Poséidon avait toujours tenu à faire chambre à part. J’avais l’impression qu’il s’était toujours soustrait à ses devoirs matrimoniaux pour moi.

Un sourire illumina le visage de mon amant, alors qu’il appuyait sur mon dos pour que je me penche au-dessus de la vasque. Ses mains soulevèrent ma robe et la passèrent par-dessus de ma tête. Je n’avais mis qu’un petit stringi les yeux de Poséidon tombèrent sur mes seins nus, tendus à l’extrême.

–     Alors tu comprends ce que je ressens quand je te vois avec l’autre guerrier, murmura-t-il à mon oreille.

L’une de ses mains remonta le long de ma gorge pour m’arquer contre lui, tandis que l’autre trouvait mes fesses. Il écarta mes jambes avec son genou et ses doigts se glissèrent à nouveau entre le tissu à présent humide et ma peau sensible.

–     Tu es exquise. Ma Déesse… chuchota-t-il en prenant ma bouche de la sienne.

L’un de ses doigts se faufila en moi et j’exhalai de plaisir pendant que nous nous embrassions.

Il me torturait lentement, son autre main glissant vers ma poitrine. Il la pétrit tendrement, me faisant frissonner de haut en bas. Je montai tellement vite dans ses bras, rien ne pouvait freiner mon ascension vers les sommets.

Un deuxième doigt rejoignit le second au cœur de mon intimité et cela suffit à me projeter dans un précipice d’extase.

Poséidon me retins lorsque je m’effondrai contre lui, les jambes tremblantes.

–     C’est comme ça que je t’aime mon Cœur : trempée de désir.

Ces seuls mots suffirent à me sortir de ma transe. « Je t’aime ». Il n’avait pas le droit de me balancer ça comme ça ! Pas après des centaines d’années séparés l’un de l’autre. Pas alors qu’il était marié à ma sœur.

Je lui lançai un regard terrifié et il se rendit immédiatement compte de ce qu’il venait de me dire.

–     N’ai pas peur de ce que je ressens pour toi, dit-t-il en déposant une série de baisers le long de ma mâchoire et en resserrant son étreinte autour de mon buste.

–     Ne le redis pas une seconde fois, suppliai-je.

S’il prononçait à nouveau les mots que j’avais tant attendus il y a deux millénaires, je craquerai. Je n’étais pas prête. Plus prête.

–     Promets-moi de ne plus te coucher dans les bras d’un autre alors.

C’était du chantage et je n’aimais pas du tout ça. J’avais besoin d’Arès pour éloigner les cauchemars. Héphaïstos hantait mes nuits et l’ombre de ses coups planait en permanence au-dessus de moi…

–     Je ne peux pas dormir seule, avouai-je terrifiée à l’idée de devoir passer les prochaines nuit entourée d’ombres malveillantes.

Même si elles n’étaient que le fruit de mon imagination, elles faisaient remonter d’affreux souvenirs.

–     Je resterai avec toi alors, répondit-il en continuant ses caresses.

Soulagée, tout mon corps se relâcha. Je me rendis alors compte que tous mes muscles s’étaient contractés sous l’effet de la peur qui me tiraillait.

Voyant que je me calmais, Poséidon me relâcha et se baissa pour ramasser ma robe. Il me la tendit et se détourna de moi.

J’eus envie de pleurer en le sentant s’éloigner ainsi. Il mettait volontairement de la distance entre nous alors que je le voulais. J’avais besoin de le sentir contre moi, de me serrer contre lui et qu’il s’enfuisse profondément en moi. C’était un besoin primaire, carnassier.

S’apercevant de ma détresse, Poséidon afficha un sourire triste et dit :

–     Quand tu le voudras aussi fort que moi je te donnerai ce que tu attends. Je ne veux plus être utilisé pour satisfaire une de tes pulsions.

Ma petite bulle de bonheur se dégonfla tout d’un coup. Poséidon doutait de moi. Il ne voyait pas les sentiments infinis que je ressentais pour lui, mais je n’osai pas le contredire. Je n’avais pas le droit de quémander son amour alors que je ne pouvais rien offrir en retour. Il y avait Héphaïstos, Amphitrite et toutes ses épreuves qui m’attendaient encore qui nous séparaient l’un de l’autre.

Je n’avais pas le droit de l’aimer. L’amour c’était pour les autres.

Je ris intérieurement en pensant que je pouvais offrir si facilement l’amour et le désir à tous ceux qui le souhaitaient, mais pour moi c’était tout bonnement impossible d’y succomber.

Cet interdit me détruisait de l’intérieur…

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Mads Mikkelsen alias Héphaïstos
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5 réflexions au sujet de « Aphrodisia [Chap 67] »

  1. Owwww scène très intense entre Poséidon et Aphrodite !
    Il fait tout pour faire craquer notre Déesse alors qu’il sait très bien que cet amour est impossible… pour l’instant !
    Euuuuuurkkkk mais il est de toute beauté Héphaïstos ! x)

    J'aime

      1. J’espère que ça ne sera pas la dernière :p
        La fin ? Bon ok, ça ne peut pas durer éternellement, mais dès qu’on me dit que c’est bientôt la fin, ça me fait toujours bizarre 😦
        Mais tellement ! Je ne comprends pas comment Aphrodite ne peut pas succomber à son charme 😂

        Aimé par 1 personne

      2. J’espère encore en mettre une petite (parce que ça me fait plaisir à moi aussi Haha !)

        En tout cas la fin du Tome 1, il ne reste que quelques chapitres…
        Comme je suis trop triste de ne pas pouvoir torturer mes personnages un peu plus longtemps il y aura sans doute un tome 2 =P

        Aimé par 1 personne

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