Aphrodisia [Chap 70]

Chapitre 70

Hadès se releva, plus m’aida à en faire de même lorsque nous nous aperçûmes que les jumeaux s’étaient lancés dans une violence dispute :

–     C’est un monstre, Artémis, on s’en fout si elle est blessée ! cria Apollon.

–     S’il ne lui manque ne serait-ce qu’une écaille, je te fais la peau ! renchérit sa sœur. Tu lui as foncé dessus comme un taré !

–     Je n’ai pas fait exprès !

–     Qu’est ce qui se passe ? les interrompis-je.

Je n’étais pas sûre de tout comprendre, mais le meilleur moyen de perdre cette épreuve était bien de céder à la discorde…

–     L’Hydre est blessé parce qu’Apollon a lancé le bateau droit sur elle ! hurla Artémis.

–     Et c’est une mauvaise chose parce que… questionnai-je bêtement.

Honnêtement, l’avenir de cette créature monstrueuse était le cadet de mes soucis.

–     C’est de nouveau moi qui vais devoir la soigner demain ! Il ne fait jamais attention à rien… jura Artémis.

–     Je n’ai pas fait exprès, s’excusa son frère en la prenant dans ses bras.

–     C’est un pauvre animal !

Je n’aurais pas exactement utilisé ces termes-là, mais soit… Artémis s’occupait de créatures mythiques toute la journée dans son zoo donc peut-être que l’Hydre faisait partie des gentils parmi tout ce ramassis de monstre.

–     Il y a plusieurs impacts dans la coque à cause du choc avec l’hydre, nous coupa Hadès. Il faut les réparer avant de continuer à naviguer, sinon allons sombrer. La cale commence déjà à se remplir d’eau…

Tous les quatre, nous descendîmes dans la cale pour remédier au problème. Il y avait quelques palettes de bois que nous fixâmes pour combler les trous sur la coque avant. Le tout fut réparer en peu de temps, mais notre voilier ne me semblait plus aussi invincible que tout à l’heure.

Cette épreuve commençait bien…

En remontant sur le pont, nous eûmes la (mauvaise) surprise de découvrir les sept têtes d’une énorme bête à écailles bleues allongées sur le bastingage. Le corps de l’animal était encore immergé dans l’eau, mais il semblait mal en point

–     Tu vois ce que tu as fait !! rugit Artémis en lançant un coup d’œil assassin à son frère.

Elle se rua vers l’hydre inconsciente,  l’odeur écœurante n’avait pas trop l’air de la déranger. Apollon, Hadès et moi restâmes à distance. Ils avaient l’air aussi ravis que moi de trouver cette créature installée sur notre bateau.

Artémis câlinait les têtes les unes après les autres, parlant à l’animal comme à un enfant blessé :

–     Mon bébé… C’est Apollon qui t’a fait mal comme ça, hein. Artémis va calmer ton bobo, ma belle.

Ma meilleure amie aurait pu trouver un animal de compagnie un peu moins répugnant… Vu les airs dégoutés de mes deux camarades, ils pensaient comme moi.

Tout à coup, Artémis désigna une zone ensanglantée sur la tempe de l’Hydre et cracha à son frère :

–     Tu es le Dieu de la Médecine, tu dois bien avoir quelque chose pour cette coupure !

–     J’ai des pansements et de la crème, mais c’est pour les humains, dit Apollon docilement.

–     Apporte-les-moi alors, ça fera l’affaire ! grogna Artémis.

N’osant rien refuser à sa sœur alors qu’elle était tant en colère, Apollon lui obéit. Il slaloma entre les têtes de l’animal jusqu’à elle, évitant soigneusement de passer trop près des mâchoires puissantes.

Artémis prit la crème des mains de son frère et en étala sur ses paumes de mains. En douceur, elle tartina la grande coupure sur la tempe de l’hydre, puis banda la blessure.

Un rugissement de douleur s’échappa de la gueule de l’une des têtes de la bête renvoyant vers moi un relent acre ressemblant à l’odeur du souffre.

Ca y est : nous allions nous faire bouffer !

J’étais prête à me planquer dans la cale, mais l’Hydre se redressa lentement avec un air de chien battu. Elle n’était pas du tout agressibe et n’avait d’yeux que pour Artémis. Comme s’il eut s’agit d’un poney, mon amie la caressait entre les deux yeux pour l’apaiser.

L’Hydre retrouva enfin assez de forces pour se redresser et se remettre entièrement à l’eau. Ses sept têtes se balançaient de gauche à droit pour étudier le bateau, mais elle paraissait calme et ne faisait aucun mouvement qui me semblait dangereux. Elle attendait simplement les instructions d’Artémis.

–     Nous pouvons nous remettre en route, déclara cette dernière, satisfaite que son Hydre se porte bien.

Apollon et moi nous regardions, médusés par les prouesses de sa sœur. Elle venait de dompter une créature féroce millénaire en lui soignant un bobo.

On naviga ensuite tranquillement jusqu’au milieu de la case B2. Dans cette zone au moins, il n’y avait pas de monstre, mis à part l’Hydre qui collait Artémis au train, comme un chien avec son maître.

–     Par où va-t-on à présent ? demanda Artémis.

Nous observions intensément le plan, mais il n’y avait aucune indication sur l’éventuelle présence d’un monstre dans les parages.

Le brouillard était beaucoup moins dense ici et on voyait à quelques dizaines de mètres autour de nous, mais ça ne me rassurait guère.

Que pouvait-on affronter d’autre après les sirènes et l’Hydre ?

Des courants forts faisaient tanguer le bateau à présent, ce n’était pas très violent, mais on sentait que le navire se déplaçait.

–     Je dirai qu’il faudrait que nous allions tout droit vers C2. Les courants nous portent vers la case B3, mais je ne le sens pas… Les vagues semblent de plus en plus hautes au fur et à mesure qu’on s’en approche.

–     Il faut que l’un de nous parte en éclaireur pour éviter de mettre le voilier en péril, décréta Hadès.

Il avait raison, si nous nous lancions à plusieurs bateaux, on avait plus de chance d’y arriver.

Sans surprise, c’est Apollon qui se porta volontaire pour être séparé du groupe. Il monta dans une chaloupe et nous le fîmes descendre jusqu’au niveau de la mer. Sa mission était simple : nous montrer la voie à suivre pour éviter les pièges de ce plateau de jeu.

–     Fais attention à toi, lui dit sa sœur avant qu’il ne détache son canot de sauvetage.

Notre voilier suivait la petite embarcation d’Apollon en respectant un éloignement de plusieurs dizaines de mètres. Nous le gardions en ligne de mire, mais s’il lui arrivait quoi que ce soit, nous étions dans l’incapacité de lui porter secours…

–     Que se passera-t-il s’il tombe sur un monstre marin ou qu’Athéna coule son bateau ? demandai-je inquiète.

Nous étions des Dieux, donc quasiment invincibles, mais ce n’était tout de même pas très sûr ici pour nous…

–     Nous avons ordre de nous téléporter sur l’Olympe en cas de danger de mort imminente, répondit Hadès. Toute autre téléportation entraîne la disqualification de l’équipe, ajouta-t-il avant que je demande naïvement si on ne pouvait pas simplement se téléporter partout sur le terrain jusqu’à trouver Athéna.

–     Donc si Apollon se sent en danger il n’aura qu’à quitter son navire, compléta Artémis.

Je hochai la tête, comprenant que la téléportation était le dernier recours dans cette épreuve très dangereuse…

 

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Hermès est Daniel Sharman
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2 réflexions au sujet de « Aphrodisia [Chap 70] »

  1. Ohhh ! Je viens de penser à un truc ! S’ils peuvent se téléporter en cas de danger, et que Poséidon trafique un peu le truc mais dans une optique de faire éliminer Aphrodite (même si on sait bien que ça ne serait pas le cas en vrai hein, juste sous « ordre » d’Athéna et pour pas griller le truc), Aphrodite se sentirait en danger et se téléporterait sur l’Olympe, et hop, l’épreuve est annulée, non ?

    Cette épreuve est tellement difficile ! Si celle-ci est difficile, je me demande comment serait la suivante, surement pire…

    J’adore Artémis avec son « animal de compagnie » xD Ohhh Daniel Sharman, pas mal, pas mal :p

    Aimé par 1 personne

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