Aphrodisia [Chap 71]

Chapitre 71

Tout à coup, des hurlements de rage et des bruits de bois brisé retentirent au-delà des nuages. Un frisson d’effroi me parcouru de haut en bas en réalisant qu’il s‘agissait de la voix d’Arès. J’étais à deux doigts de sauter à nouveau à l’eau pour voir ce qu’il arrivait à mon ami, malgré les sirènes…

–     Un de moins, marmonna tranquillement Hadès en s’adossant contre le mat.

Je lui lançai un regard acéré, très inquiète pour Arès.

–     Ne t’inquiète pas, il est déjà de retour sur l’Olympe à l’heure qu’il est, me rassura-t-il.

Je me calmai un peu, mais j’aperçus le teint blanc d’Artémis et ses phalanges contractés sur le gouvernail. Elle était toute tendue et encore beaucoup plus inquiète que moi. J’avais pitié d’elle : son homme venait de sombrer et elle ne pouvait même pas montrer un peu de tristesse…

Serrant les dents pour elle, je contournai Hadès et la pris dans mes bras. D’un geste sec, elle me repoussa, mais le choc se peignit sur son visage. Elle venait de comprendre que j’étais au courant de son idylle avec Arès et ça ne lui faisait que moyennement plaisir.

Alors que nous nous livrions à une nouvelle série de regards lourds de sens, de nouveaux cris retentirent, mais cette fois beaucoup plus proches de nous. C’était Apollon.

Nous eûmes tout juste le temps d’apercevoir six énormes mains fondre sur lui depuis le ciel pour l’attraper qu’Apollon disparut dans un souffle. Sa chaloupe se brisa entre les doigts de la créature et les mains disparurent aussitôt dans le ciel.

–     Virez de bord ! ordonna brusquement Hadès. Il faut rester hors de portée de cette chose !

Artémis vira soudainement de bord, nous faisant presque chavirer, mais lorsque les bras tombèrent une nouvelle fois du ciel pour s’attaquer à nous, ils ne nous atteignirent pas. Nous avions changé de direction juste à temps pour ne pas nous faire prendre.

–     C’est le rocher de Scylla, maugréai-je en désignant la falaise surmontée d’une grotte dont nous nous éloignions…

Scylla se cachait dans la grotte et attendait que les marins passent sous son antre pour les capturer.

–     Si Scylla est ici, alors Charybde n’est pas loin, cita mollement Artémis encore choquée d’avoir vu son frère se faire prendre.

–     Charybde se trouve en C3, commenta Hadès alors que j’inscrivais le nom de Scylla sur ma carte en D2.

–     Comment sais-tu ça ?

–     À cause des courants forts de tout à l’heure, répondit-il. Elle nous attirait vers elle pour nous engloutir.

J’acquiesçai, encore amère d’avoir perdu un partenaire comme Apollon. J’espérais sincèrement qu’il n’avait pas été blessé. Scylla avait fondu sur lui à une vitesse phénoménale…

Je jetai un nouveau coup d’œil à mon plan, nous nous dirigions vers la case C3. Au vu de tout ce qui nous était arrivé jusqu’à présent, je n’étais pas vraiment prête à découvrir ce que nous réservait cette nouvelle case…

–     C’est mon tour de prendre la chaloupe, annonça Hadès avant d’en descendre une dans la mer. Quand je ne serai plus là, pensez à prendre des décisions audacieuses, c’est la seule chose qui pourra vous aider à battre Athéna.

Artémis attendit qu’Hadès se perde dans la bruine avant de prendre un peu de vitesse avec le voilier. Je suivis des yeux le trajet du canot sur la carte. Il avançait tranquillement vers la case C4 lorsque soudain des coups de canons résonnèrent. Ils se succédèrent les uns les autres, très proches de nous.

La chaloupe d’Hadès disparut de ma carte subitement.

Simultanément, une force invisible passa en coup de vent si vite devant moi, que j’eus à peine le temps de me rendre compte que quelque chose se passait que ça avait de nouveau disparu. Le seul indice du passage de cet être était un petit papier blanc laissé dans ma main.

Artémis qui avait aussi senti la présence, lut par-dessus mon épaule :

« 1 seule chaloupe amarrée. Poséidon en mer. »

–     C’est Hadès, murmurai-je.

Avant d’être bombardé par Athéna, il avait pris le temps de me donner ces deux informations très utiles. Il s’était téléporté sur Olympe en faisant un micro-détour par notre voilier pour nous donner cette aide, même si c’était interdit par le règlement. J’étais sûre que personne ne s’était rendu compte de sa présence vu que nous avions nous-mêmes à peine senti sa présence.

–     Donc Athéna n’a plus qu’un seul joker et Poséidon ne retournera pas sur le voilier, dit Artémis satisfaite. Nos chances de réussite s’améliorent !

–     Nous ne sommes plus que toutes les deux, tempérai-je.

–     On va rester sur le voilier et avancer, Athéna est dans les parages et nous devons nous tenir prêtes à ouvrir le feu sur elle.

Ecoutant les sages conseils de mon amie, je chargeai les deux canons de la proue et les six canons qui protégeaient le bateau sur les côtés.

–     Ce sont les restes de la chaloupe d’Hadès, indiqua Artémis en désignant des morceaux de bois flottant sur les nuages en dessous de nous.

–     Mais aucune trace d’Athéna dans le coin, soupirai-je en regardant l’horizon.

–     Nous allons bien finir par la trouver.

En silence nous prenions la direction de la case C4, mais n’y tenant plus, je lançai la bombe :

–     Tu vas laisser poiroter Arès longtemps ? demandai-je avec un sourire malicieux.

Ma question eut l’effet escompté : Artémis se figea, puis tourna son visage vert de rage vers moi.

–     Je suis très contente pour vous deux, continuai-je pour l’énerver alors qu’elle ne disait toujours rien.

–     Nous n’en avons pas encore discuté ensemble, mentit mon amie en tentant de garder son calme.

–     Il rêve de s’envoyer en l’air avec toi. Et toi aussi, même si tu fais semblant que ça ne t’atteint pas. Tu ne peux pas laisser les choses au point mort entre vous.

Je voyais presque de la fumée sortir des oreilles d’Artémis. J’adorais la taquiner.

–     On ne va PAS « s’envoyer en l’air » lui et moi ! s’agaça-t-elle.

Elle grimaça en utilisant cette expression qu’elle évitait d’habitude de prononcer.

–     Ce serait pourtant un excellent moyen de faire évoluer votre relation.

–     Elle me convient parfaitement comme elle est. Pas la peine d’évoluer

–     Tu n’y crois pas toi-même…

–     J’ai prêté serment et je ne vais pas le rompre pour une petite passade.

Mes yeux s’ouvrirent en grand en entendant ses paroles insensées. Artémis tenait beaucoup à Arès, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure.

–     On va arrêter de parler de ça, tranchai-je pour couper court avant qu’Artémis ne dise une autre énorme bêtise. Donne une chance à Arès, il le mérite.

Le regard de mon amie était hanté par un sentiment d’impuissance et de quelque chose d’autre. S’il n’avait pas s’agit d’Artémis, j’aurai juré sentir le doux parfum de la luxure se dégager d’elle… Mais comme elle était la plus effarouchée des vierges que je connaissais, c’était hautement improbable !

 

2003
Un peu snob Athéna n’est-ce pas ? (Lucy Hale)
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4 réflexions au sujet de « Aphrodisia [Chap 71] »

  1. Artémis m’a tuée de rire ! x) Enfin, Aphrodite avec la façon dont elle lui parle d’Arès aussi x) j’aime vraiment beaucoup leur amitié ^^
    Je sens qu’on va bientôt revoir Athéna ! Ca tombe bien, elle me manque… LOL
    Ahhh j’adooore l’imaginer avec les traits de Lucy Hale qui peut facilement jouer la fille hautaine ^^

    Aimé par 1 personne

  2. Coucou
    Une petite erreur à rectifier la 2ème fois que tu mentionnes C3 je pense que c’est C4 vu qu’ ils savent déjà que l’autre case abrite Charybde
    Sinon c’est toujours très bon, je continue ma lecture avec plaisir 😊

    Aimé par 1 personne

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