Aphrodisia [Chap 78]

Amphitrite qui était restée à mes côtés, me fit un clin d’œil en désignant son mari puis disparut également. Je devais lui téléphoner demain, j’avais besoin de retrouver ma sœur et elle m’en donnait la possibilité. Il était temps d’enterrer la hache de guerre.

En quelques minutes, il ne resta plus personne dans les gradins.  Zeus nous signala que la séance était levée et que nous nous retrouverions le lendemain pour décider de changements et de remaniements importants.

Alors que je traversai le palais pour me rendre dans mes appartements et me reposer, je sentis une main se glisser dans la mienne. Je n’eus pas besoin de me retourner pour savoir de qui il s’agissait. J’avais de l’électricité statique au bout des doigts et une douce chaleur irradiait dans tout mon corps.

Je pris une grande inspiration, alors que l’autre main de Poséidon se glissait sur mon épaule.

Un coup d’œil aux alentours, me confirma que nous étions seuls.

Sans ménagement, il me repoussa contre le mur du couloir d’Ulysse à quelques mètres seulement de ma chambre. Ses mains se plaquèrent sur le mur de part et d’autre de ma tête.

        Jure-moi que c’est de moi dont Hadès parlait, haleta-t-il à mon oreille.

Le regard de Poséidon était hanté. Il était comme tétanisé, dans l’attente des mots qui le délivreraient de sa souffrance ou le plongeraient dans le chaos.

Je repensai à ce qu’avait dit Hadès à son sujet : « Ta plus grande addiction. Pour lui, tu donnerai ta chair et ton sang ».

Je donnerai ma vie pour Poséidon, Hadès le savait… C’était terrifiant.

        Réponds-moi ! s’énerva-t-il en me secouant légèrement pour me faire réagir. Jure-moi que tu m’aimes ! Jure-moi qu’Hadès ne parlait pas d’un autre…

Avait-il vraiment peur qu’il puisse s’agir d’un autre homme ? Celui qui avait douté il y a deux millénaires c’était lui, pas moi.

        Oui…

Ma réponse n’était qu’un souffle, mais le regard de Poséidon s’embrasa. Ses lèvres plongèrent vers les miennes et il m’embrassa. Ma bouche s’ouvrit pour accueillir la sienne et mes mains glissèrent dans ses cheveux épais pour le tirer plus près de moi.

Il me souleva contre le mur et j’enroulai mes jambes autour de sa taille. Poséidon encore en tunique blanche, mais moi je n’avais que mes sous-vêtements et la veste d’Amphitrite sur les épaules.

Ses mains se promenèrent sur ma peau nue, descendant le long de mes flancs, tout en faisant attention de ne pas appuyer sur mon ventre. Ma peau était toujours sensible à cause des coups que j’avais reçus…

Je crus entendre Poséidon émettre un gémissement plaintif et il s’arrêta de m’embrasser et me reposa par terre. Son regard quitta le mien et s’attarda sur quelqu’un qui nous observait sur notre droite. Athéna nous observait l’air désabusé. Elle secoua la tête de dépit et dit :

        Je croyais que tu avais compris la leçon ma vieille. Mais apparemment, ton retour parmi nous ne se fera pas sans une bonne dose de drames !

Je rougis, peu fière de moi. Pour une fois, Mademoiselle Je-Sais-Tout-Mieux-Que-Tout-Le-Monde avait raison. Poséidon et moi allions être à l’origine de quelques drames dans les mois à venir. Personne ne connaissait notre histoire et j’aurais voulu qu’il en reste ainsi un petit moment pour avoir un peu de répit. C’était raté.

En voyant mon regard coupable, Athéna reprit :

        Ne t’en fais pas Aphrodite, tes vilains petits secrets seront bien gardés avec moi. Je ne voudrais pas déclencher une nouvelle guerre. Tu en as bien assez fait la dernière fois !

Je me raclai la gorge en fermant serrant l’avant de la veste contre moi pour me contenir. Ça lui allait bien de dire ça ! Athéna n’était pas non plus aussi blanche qu’une colombe dans cette histoire de guerre :

        Que fais-tu ici ? demandai-je vertement.

        J’ai mes appartements dans ce couloir. Juste à côté des tiens, frangine ! railla-t-elle. Père voulait te mettre en face dans le l’Aile d’Hercule, mais je l’ai convaincu de te placer ici avec moi, dans le Couloir d’Ulysse. Je n’avais pas envie que tu oublies trop vite ta défaite à Troie !

Quelle peste !

Athéna avait déjà mis la clé dans sa serrure, lorsque je demandais :

        Pourquoi as-tu voté pour que je retrouve ma place au Conseil ?

J’étais curieuse. Elle me haïssait tellement qu’il aurait été plus logique qu’elle veuille me voir quitter mon siège.

Un sourire calculateur illumina le visage d’Athéna :

        Je te déteste : tu représentes tout ce que j’abhorre. Mais s’il y a bien une chose que je hais plus que toi, ce sont les abus. Et toi tu en as clairement été victime.

Elle laissa sa phrase faire son petit effet, puis continua sur un ton plus moqueur :

        De plus, je veux te garder à l’œil, Aphrodite. Tu pourras me chanter tout ce que tu voudras, mais je ne te laisserais pas glisser hors de ma vue. Tu es bien trop imprévisible pour vivre parmi nous !

Je ne relevai pas l’insulte à peine voilée et Athéna s’enferma dans ses appartements en verrouillant sa porte. Je ris, choquée de son impertinence : elle était impossible et ne me ficherait pas la paix avant un bon moment ! Mon retour s’annonçait musclé.

Préférant oublier ma rivalité avec ma voisine de pallier, j’entraînai Poséidon derrière-moi vers ma chambre. Je n’avais pas envie que quelqu’un d’autre nous trouve errant ensemble dans les couloirs.

        Ça n’a jamais fonctionné entre vous deux, songea-t-il à voix haute.

Je hochai la tête et haussai les épaules. Athéna et moi étions aussi éloignées l’unes de l’autres que le jour et la nuit. Ce n’était pas ce soir que j’allais régler mes problèmes millénaires avec ma demi-sœur… La blessure entre nous était profonde.

Une fois ma porte fermée à clé, je poussai mon Dieu aux yeux azurs vers le lit. Il enleva ses vêtements en vitesse et m’allongea sur le dos. Avec agilité, il roula au-dessus de moi en évitant de faire peser son poids sur mes bleus. Se bras reposaient de chaque côté de ma tête et ses biceps saillaient.

Pendant qu’il m’embrassait, je me défis de mes sous-vêtements. C’était bon de sentir ma peau contre la sienne… Me laissant pantelante, Poséidon déposa des baisers dans mon cou, entre mes seins et descendit jusqu’à mon nombril.

Il fixa intensément mon ventre et je crus qu’il regardait la coloration bleue-noire-violette-jaune qui l’ornait alors je mis mes mains devant pour cacher ma peau. Il s’empressa de pousser mes doigts et embrassa tout le pourtour de mon nombril.

        Tu étais enceinte…

Nous y voilà !

Je roulai des yeux, en sachant que s’il se lançait sur ce sujet glissant, nous n’étions pas prêts de nous rouler sur le matelas…

        Qui était le père ? demanda-t-il en me lançant un regard brûlant.

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2 réflexions au sujet de « Aphrodisia [Chap 78] »

  1. Poséidon qui pose la question juste avant le moment chaud. Mauvais timing, mon gars !
    Athéna, une vraie peste ! A part pour son vote, elle ne change pas !
    Par contre, Aphrodite va renouer avec son autre sœur, et ça, c’est cool 😀 Enfin, tout n’est pas gagné, mais c’est bien parti 🙂

    Aimé par 1 personne

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